Finalement, dépouillée de l’amour par le Mal et le Destin, crut-elle, Sovaz s’inclina devant le dessein de son père.
Ajrarn la fit alors Déesse-sur-Terre, Ajriaz, et elle régna sur un tiers du monde, dans une cité de miracles et de cruautés qui touchait le ciel. Là, sous ses ordres et par son exemple, elle enseigna à l’humanité l’indifférence lapidaire des dieux.
Au cours de ces années-là aussi, certains des princes Vazdru, ayant constaté qu’elle était démon tout comme eux (bien que, contrairement à eux, elle endurât le soleil), vinrent fièrement la courtiser. Elle repoussa chacun d’eux en disant qu’elle avait un préjugé contre sa propre race. Ce qui les stupéfia et les irrita, car les démons, dans leur beauté et leur arrogance, n’avaient pas coutume d’entendre quiconque leur dire Non.